Un-deux, Un-deux...
Cela faisait un long moment (des années en vérité) que je souhaitais démarrer une activité d'écriture.
J'ai publié des petits textes à quelques reprises dans le passé, mais toutes mes publications se comptent certainement sur les doigts des mains (oui, il en faut deux quand même) et elles sont dispersées à plusieurs endroits. Il est même possible que certains textes soient perdus à tout jamais, ce qui n'est sans doute pas un grande perte pour l'Humanité (non, je ne parle pas du journal à la nostalgie du soviétisme).
Pourquoi avoir procrastiné pendant 10 ans ? Difficile à dire.
J'ai remarqué ces derniers mois, par le biais d'une psychanalyse, les difficultés que je pouvais avoir à formuler mes idées, parfois même simples. Je pense avoir identifié une auto-censure qui me suite certainement depuis mon enfance, et dont j'aimerais me débarrasser, ou du moins mieux la contrôler. Avec l'arrivée des outils d'intelligence artificielle générative, j'ai également remarqué une tendance inquiétante de résistance à l'effort intellectuel, principalement quand je suis dans un état de fatigue émotionnelle : pourquoi m'emmerder à réfléchir sur tel ou tel sujet complexe, alors que je peux facilement demander à mon ami Claude de me pré-mâcher le travail de réflexion.
Ce deuxième danger, une fois identifié, m'a alerté. Depuis ma petite enfance, j'ai toujours eu une forte tendance à sur-analyser toutes les informations, personnelles ou non, qui arrivaient dans mon univers. Cette spécificité, pas si rare, mais pas si commune non plus, m'a beaucoup coûté, et me coûte encore beaucoup. Hors de question de me priver des avantages que ça peut m'apporter. Et donc, hors de question de ne pas me rebeller contre cette funeste tendance à la paresse intellectuelle.
J'ai démarré un journal à l'été 2024, suite à la mort brutale de George, mon petit chat. Cet évènement, couplé à ce qui ressemble fort à un burnout (latent depuis plusieurs années) sur le plan professionnel m'a plongé dans une période sombre et délicate de ma vie dont je commence à sortir. Ce journal papier + stylo m'a fait du bien, mais depuis plusieurs mois, je n'y ai pas touché... Alors que l'envie d'écrire est présente, je sens une réticence à ce format, pour une raison qui m'échappe encore. Peut-être la peur de mal écrire, et de produire quelque chose de visuellement disgracieux ? Mon écriture n'est pourtant pas si laide... Ça mériterait sans doute un peu d'approfondissement.
Pour me sortir une fois pour toute de cette phase difficile de ma vie, j'ai besoin de mobiliser mes forces, au premier rang desquels, ma capacité d'introspection, de réflexion et d'appréhension d'idées parfois complexes. Et mobiliser ces forces signifie affiner ma capacité d'expression, l’entraîner, l'affûter... Car c'est avec les mots que l'on raisonne. Pour cela, la dernière des choses à faire serait de sombrer dans la facilité qui nous pend au nez à tous, en déléguant ma capacité de penser par moi-même à un outil qui m'économiserait les efforts à fournir.
J'ai une grande admiration pour des gens comme Alexandre Astier, Kyan Khojandi (et Navo, son co-scénariste dans Bref) qui ont beaucoup prôné les bienfaits de produire régulièrement. La qualité des premières productions, que ce soit de l'écriture, de la musique, du dessin, des vidéos... est toujours mauvaise ou décevante. Mais c'est l'entraînement et la répétition sans relâche qui amènent la qualité, l'expertise et l'excellence. Incidemment, d'autres de mes sources d'inspirations (moins artistiques, et plus entrepreneuriales) répètent des messages similaires, avec un langage différent. Je pense notamment à Paul Graham... Tiens, tiens : en écrivant son nom, je me souviens qu'avant d'être programmeur, puis entrepreneur, puis investisseur, il est peintre. Ce n'est peut-être pas une référence moins artistique que les précédentes finalement.
Ce premier article est d'une qualité certainement très médiocre, écrit en un seul jet. Mais il a le mérite de lancer ce qui, j'espère, deviendra une nouvelle habitude. Habitude qui, je l'espère aussi, me permettra de mieux penser, de mieux vivre.
À quoi s'attendre sur ce site ? Je ne le sais pas précisément. Une partie du contenu sera certainement personnel et introspectif, comme l'est un peu cet article inaugural. J'espère aussi pouvoir m'exprimer sur des sujets de sociétés, politiques, économiques... Sans aucune prétention autre que de partager, avec moi-même en premier lieu, mes pensées et réflexions sur des sujets qui m'interpellent à un moment donné.
Pourquoi, disais-je, avoir procrastiné pendant 10 ans pour lancer une activité d'écriture ? C'est certainement une combinaison de plusieurs facteurs, mais j'aimerais en citer quelques un, pour m'aider à y réfléchir :
- la peur du ridicule, de n'intéresser personne, de passer pour quelqu'un qui aime s'écouter parler
- une résistance à l'effort qu'écrire de manière cohérente requiert
- un manque d'énergie lié à mes activités professionnelles qui m'ont coûté beaucoup en terme de santé et de vie personnelle
- la crainte de tomber dans le piège de commencer un nouveau projet (ce blog) et de ne jamais le poursuivre... qui se rapproche certainement de la peur du ridicule : je ne veux pas être celui qui affiche ses grands projets au monde entier, s'attend à impressionner son entourage1 pour finalement ne jamais livrer les plans.
- La tergiversation quant au choix de la langue d'écriture : anglais (la langue "universelle" du web, directe et pragmatique) ou français (ma langue natale, plus complexe à manipuler correctement, moins aisée à diffuser) J'ai décidé d'en faire un non-choix : chaque publication sera écrite dans la langue qui me vient naturellement pour aborder le sujet en question. Si j'ai la motivation, une fois la version originale terminée, je pourrais la traduire dans l'autre langue. Sans grande motivation, je pourrais toujours utiliser un outil de traduction automatique. Une autre alternative serait de ne rien faire de particulier, et de publier uniquement dans la langue qui m'inspire sur le moment. Peu importe, finalement.
Maintenant que cet article est publié, il ne tient qu'à moi d'être à la hauteur de mes propres attentes. Je ne sais pas ce sur quoi ce projet va déboucher, ou ce qu'il va engendrer... La probabilité la plus forte est : rien. Mais ce qui est certain, c'est que s'il est mené à bien, ça ne pourra m'apporter que du positif, même marginal.
Pourquoi donc continuer à procrastiner ?
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On est d'accord : démarrer une activité de blog en 2026, y'a pas vraiment de quoi délivrer une médaille, et c'est un euphémisme... Mais ça reste quand même un projet qui, bien que modeste, inspire certainement du respect pour des personnes qui y pensent et ne se lancent jamais. ↩︎